Vers le contenu

www.toutsuragassi.com

[ FAQ ] - [ Livre d'or ] - [ Plan du site ] - [ A propos de toutsuragassi.com ] - [ Votre avis ] - [ Webmaster

L'histoire d'André Agassi

Article rédigé par Marion
Tous droits réservés. Reproduction interdite.

Né le 29 avril 1970 à Las Vegas dans l'état du Nevada, le jeune Andre était destiné à devenir joueur de tennis professionnel. Ce destin c'est son père Mike qui l'a tracé pour lui.

Ancien boxeur né en Iran, Mike s'est installé aux Etats-Unis, a changé de nationalité et décidé de faire d'un de ses quatre enfants un champion de tennis. Il a donc essayé avec ses trois aînés, mais faute de motivation ou à cause d'une trop grande sévérité de leur père, ses enfants renoncent au tennis. Mike s'en remet alors à son petit dernier, Andre.

Dès l'âge de deux ans, son père lui met une raquette entre les mains et le fait jouer sur leur court privé adossé à la maison familiale. Andre frappe des milliers de balles par jour et commence à faire des tournois. A quatre ans, Andre échange des balles avec les meilleurs joueurs du monde qui viennent disputer le tournoi de Las Vegas. Parmi eux Jimmy Connors ou Ilie Nastase et il fait même un véritable entraînement avec le numéro un mondial de l'époque Björn Borg, Andre a huit ans. "Quand je jouais contre eux je me disais : un jour je serai comme eux".

Andre s'amuse vraiment sur le court, il frappe des balles avant d'aller à l'école, après l'école et le week-end il part avec son père pour disputer des tournois en Californie. "De 0 à 13 ans, dans la maison de mon père, j'ai apprécié chaque minute que je passais sur le court". A l'âge de dix ans il est de loin le meilleur jeune de l'état du Nevada.

En disputant ces tournois en Californie, il sera très souvent opposé à un jeune garçon nommé Pete Sampras dont le nom réapparaîtra à plusieurs reprises. De ces affrontements, Andre déclare : "Je le dépassais d'une bonne tête" et Pete : " Heureusement pour moi ça a vite changé ! ".

Pour poursuivre son rêve, Mike Agassi décide alors d'envoyer son jeune fils à l'Académie de tennis de Nick Bolletieri. A treize ans il quitte alors sa famille et sa ville de Las Vegas pour Bradenton en Floride.

 

Nick Bolletieri, ancien parachutiste de l'armée américaine, a ouvert un véritable camp militaire pour jeune apprenti. "Tout ce qu'on y faisait c'était manger, dormir et boire du tennis", se souvient Andre. Des heures sur les terrains et des heures de musculation rythment l'adolescence du jeune homme. Cette période va façonner l'image d'Andre, à la fois son jeu et son look. Il y développe un coup droit surpuissant, une balle prise au sommet du rebond comme au ping-pong et se fait remarquer par ses cheveux blonds et longs.
Les relations sont très étroites entre les deux hommes. En septembre 1988, il déclare : "Il m'a beaucoup appris sur le plan du tennis, mais aussi mentalement, les lois rudimentaires de la vie. Je l'aime beaucoup, on s'entend très bien. Je le considère plus comme un ami qu'un coach".

A l'âge de seize ans, en mai 1986, il devient professionnel et commence à se frotter aux meilleurs joueurs du circuit ATP. John McEnroe déclarera après son premier match contre Andre : "Personne n'a jamais frappé la balle aussi fort contre moi".

Il remporte son premier tournoi l'année suivante à Itaparica au Brésil. Ce n'est que le début d'une longue et belle carrière. On le surnomme déjà le Kid de Las Vegas.

Le public français découvre Andre Agassi en 1988 à Roland Garros, le joueur a dix-huit ans. Sur le court, un jeune homme aux cheveux longs, short en jeans et boucles d'oreille déchaîne les passions. Il se met le public dans la poche à chaque fois qu'il le veut.
En demi-finale, Andre affronte le numéro un mondial Mats Wilander, la pluie se met alors à tomber pendant le match. Andre attrape le parapluie d'une spectatrice du premier rang et se promène avec sur le court. Il perdra malgré tout ce match mais a marqué toutes les personnes présentes.
Andre termine l'année 1988 à la troisième place mondial après avoir remporté six tournois. Sa progression est fulgurante et les observateurs voient en lui l'un des plus grand joueur de tous les temps.

 

Dès son apparition sur le circuit, les publicitaires s'arrachent l'image d'Andre pour des millions de dollars. Il signe des contrats pour les plus grandes marques : Nike, Donnay, Canon, Head, Pepsi ou Wilkinson entre autres.
Cependant, certaines pubs lui jouent des tours. Par exemple, le slogan qu'il prononce pour la marque d'appareils photos Canon : "Image is everything" lui vaut de très nombreuses critiques. Lui-même reconnaît cette erreur de jeunesse : "Ça n'a vraiment rien à voir avec ce que je suis vraiment".
La firme Nike tire un grand bénéfice de ce "mariage" avec Agassi. Ainsi, une nouvelle gamme de vêtements voit le jour. Tenue fluo, bandana, cuissard et short en jeans apparaissent sur les courts dès le début des années 90. Les designers de la firme américaine soumettent à Andre une "ambiance" qui sera déclinée sur deux collections, printemps et hiver dont la fabrication est lancée une fois qu'elle a été acceptée par le joueur. Chaque ligne tennistique bénéficie de l'apport des idées du joueur.

 

Comme le déclare " Tennis Magazine " à sa une dès 1988 : "La génération Agassi est née". On découvre peu à peu une personnalité bien différente que son look ne le laisse imaginer. Il se dit à la fois patriote : "C'est un honneur de jouer pour son pays", très croyant : "Je lis beaucoup la bible. Je dois faire bon usage du talent que Dieu m'a donné" et revendique sa différence : "Je n'aime pas beaucoup faire les choses comme tout le monde. J'aime bien être différent. J'ai toujours aimé être spécial. Que ce soit en bien ou en mal". Il parle de l'influence qu'il espère avoir : "Je voudrais avoir une bonne influence sur les jeunes. Pour moi, c'est l'un des plus beaux privilèges de la célébrité".

Mais son caractère d'enfant gâté et de "bad boy" resurgit par moment sur les courts.
Par exemple, pendant un match de l'US Open 1990, il hérite d'un point de pénalité pour insultes répétées à l'arbitre. Il finira l'année avec plus de 4000 dollars de pénalité. En août 1996, il est disqualifié du tournoi d'Indianapolis pour insultes répétées à l'arbitre.
Il ne peut cependant s'empêcher de jouer avec le public. Lors de ce même match à New York en 1990, il profite de l'intervention du kiné auprès de son adversaire pour lancer ses chaussures au public.

Ces tenues excentriques agacent quelque peu les organisateurs de tournois et les instances du tennis mondial. Ainsi, les organisateurs du tournoi de Wimbledon menacent en coulisses, en 1991, d'exclure Andre s'il pénètre sur le court sans une tenue à dominance blanche comme c'est la tradition. Mais l'Américain fait sensation en arrivant sur le "Central Court" dans une tenue blanche totalement immaculée !

Cependant, il se fait plus souvent remarquer en dehors du court de tennis. C'est une vraie star du show-biz. Il se permet à l'âge de vingt et un ans de jouer au golf avec le Président américain George Bush ou avec l'acteur Kevin Costner. Il apparaît aux bras de stars telles Barbara Streisand.
Car sur le terrain, Andre ne confirme pas son immense talent. Il a en effet déjà perdu trois finales du Grand Chelem, deux à Roland Garros et une à l'US Open (contre Sampras) en 1990 et 1991. Ses nerfs semblent le lâcher à chaque grande occasion.

 

Une nouvelle fois, Andre va surprendre tout son monde. En 1992, à Londres, sur la surface qui apparemment lui convient le moins, il remporte le tournoi de Wimbledon face au meilleur serveur du monde Goran Ivanisevic. Il tombe à plat ventre sur le gazon londonien après la balle de match. Il remporte donc son premier tournoi du Grand Chelem à vingt deux ans.
Comme le veut la tradition, il ouvre le bal des vainqueurs du tournoi lors de la soirée de gala avec une certaine Steffi Graf…

Malheureusement, une grave blessure au poignet droit lui gâche quasiment toute la saison suivante et il est contraint de se faire opérer.
En cette même année 1993, pendant l'été, il se sépare officiellement de son entraîneur depuis dix ans Nick Bolletieri. Il décide alors de travailler avec l'ancien champion équatorien Pancho Segura qui s'était occupé auparavant de Jimmy Connors. Andre semble alors franchir un nouveau palier dans sa (jeune) carrière.

 

En mars 1994, il demande à Brad Gilbert, joueur américain encore en activité qui a atteint le quatrième rang mondial, de travailler avec lui. Ils commencent à se voir pendant les tournois qu'ils disputent tous les deux ou se téléphonent quand leur programme est différent. Comme l'explique Brad : "Je ne pense pas que le mot "coach" n'ait jamais été utilisé et on n'a même jamais signé de contrat".
Pas de grandes victoires à souligner dans les mois suivants jusqu'au tournoi de Toronto en août bien qu'il ne soit alors classer qu'à la dix neuvième place mondiale. Gilbert avoue alors à Andre qu'il est persuadé que ce dernier peut remporter l'US Open. Andre lui lance alors ce défi : "Si je gagne le tournoi tu devras te raser le torse comme je l'ai fait à Wimbledon l'année dernière, ok ?".
A New York, Andre élimina quatre têtes de série (Ferreira, Chang, Muster, Martin) pour se frayer un chemin jusqu'en finale. Il en retrouve une cinquième, l'Allemand Michaël Stich, dont il se débarrasse facilement pour remporter son deuxième tournoi du Grand Chelem.
"Deux jours après qu'il ait gagné son premier US Open j'ai tenu ma promesse, j'ai sorti le rasoir et je me suis rasé le torse". Cependant pour Gilbert ce n'est qu'un début : "Je n'ai jamais oublié que le but d'Andre n'était pas de gagner un autre titre du Grand Chelem, mais d'autres titres du Grand Chelem. C'est pour cela que la seule chose que je lui ai dit quand il est venu vers moi après la balle de match fût : 'prochaine étape Australie'".

Certes Andre brille désormais sur les terrains, mais il n'oublie pas son côté "people". En effet, depuis le début de l'année il s'affiche aux bras d'une séduisante actrice américaine : Brooke Shields.

Au mois d'octobre, il remporte le tournoi de Paris-Bercy. C'est sa première victoire en France, il oublie un peu ses deux défaites à Roland Garros.

 

Suivant les recommandations de son entraîneur et ami (qui a mis un terme à sa carrière de joueur), Andre participe pour la première fois à l'Open d'Australie en janvier 1995. Non seulement il participe, mais il remporte le tournoi. Il bat en finale son grand rival Pete Sampras au terme d'un superbe match. Il gagne donc son troisième titre du Grand Chelem.
Il avait encore surpris le monde du tennis en débarquant à Melbourne avec un look totalement différent : crâne rasé, barbichette, bandana sur la tête, bermuda et chemises bariolés.

Sur sa lancée, il devient pour la première fois numéro un mondial au mois d'avril à l'âge de vingt cinq ans. Il domine toute la tournée d'été américaine et arrive en grand favori à l'US Open, tournoi dont il est le tenant du titre. Mais là…
Comme prévu, il arrive en finale où il retrouve une nouvelle fois Pete Sampras. Mais le scénario de Melbourne ne se reproduit pas. Andre est battu par son compatriote. Cette défaite le traumatise: "Je ne m'étais jamais senti aussi seul et abandonné sur le court. J'ai décidé que ça ne valait pas le coup de m'investir avec autant d'intensité dans le tennis".

 

Il met alors le tennis de côté et confirme son rôle de star du show-biz. Avec son amie Brooke Shields, il fréquente les grandes réceptions, les soirées mondaines ou les remises de prix à Hollywood.

L'année 1996 n'est donc pas très brillante. Pour essayer de la rendre moins mauvaise, Andre se fixe comme objectif de remporter la médaille d'or olympique sur ses terres à Atlanta. Lui qui adore défendre les couleurs de son pays est très ému sur le podium lorsque retentit l'hymne américain après sa victoire sur l'Espagnol Sergi Bruguera.

L'année 1997 est un calvaire pour Andre. C'est la première fois (et pour l'instant la dernière) qu'il ne remporte pas un seul tournoi.
Par contre, sa vie personnelle prend un autre tournant. Il épouse au mois d'avril son actrice préférée Brooke Shields malgré les avertissements de son ami et ancien grand champion John McEnroe qui a récemment divorcé d'une actrice.
Andre atteint son plus mauvais classement depuis ses débuts pro. En novembre il est classé à la 141ème place puis finit l'année 120ème !

 

En 1998, il décide de repartir de zéro sur le plan tennistique. Il dispute deux tournois "challengers", tournois de troisième catégorie avant de refaire son apparition sur le circuit ATP. Il remporte alors cinq tournois au cours de cette année et la termine à la sixième place mondial. C'est la plus grosse progression dans l'histoire du tennis, il a en effet gagné 114 places en douze mois pour se retrouver dans les dix meilleurs joueurs du monde.
Très peu de personnes auraient parié sur ce retour d'Andre au premier plan. Lui y a crut ainsi que son entraîneur Brad Gilbert et son préparateur physique depuis dix ans Gil Reyes qui ne l'ont jamais lâché.

 

On arrive alors à l'année 1999, l'année de la résurrection, l'année de la consécration.

Tout ne commence pourtant pas très bien. Il est éliminé assez vite de l'Open d'Australie et surtout il connaît de gros problèmes personnels. En avril 1999, il annonce son divorce d'avec Brooke Shields car aucun n'a voulu faire de compromis. Elle refuse de quitter Hollywood. Lui refuse de quitter sa ville de Las Vegas. Il déclare alors : "C'est vrai que je suis concentré à cent pour cent sur le tennis, c'est peut-être parce que je suis de nouveau célibataire…".
A quelques semaines de Roland Garros il n'est pas au mieux au niveau physique, il déclare forfait dans les tournois de préparation et rentre aux Etats-Unis pour se soigner. Il n'arrivera à Paris que la veille du tournoi. Il est retombé à la quatorzième place mondiale et est désigné tête de série numéro treize.
Avant le tournoi de Roland Garros, il se dévoile dans le magazine américain " Tennis ", on y découvre alors un personnage complexe et tellement plus attachant que beaucoup l'imaginent. Extraits… : "Je suis né pour jouer au tennis. Il aurait été dommage de gâcher le talent qui m'a été donné" ; "Le tennis est une partie de ce que je suis" ; "Mon dernier hobby est de penser que ma vie est normale" ; "La vie est un cadeau".

Contre toute attente, en ce 6 juin 1999, 55 ans après le débarquement des troupes alliées en France, un américain débarque en vainqueur à Paris. Il remporte le tournoi de Roland Garros, son quatrième tournoi du Grand Chelem, son premier depuis janvier 1995. Il devient ainsi le cinquième joueur de l'histoire de ce sport à remporter les quatre plus grands tournois du circuit, le premier depuis 1969. La différence c'est que lui les a remportés sur quatre surfaces différentes.
En pleurs sur le court, il nous montre l'image d'un enfant qu'il n'a finalement jamais cessé d'être. Il s'agenouille devant sa chaise pour prier. Il s'exprime devant le public parisien après avoir reçu la Coupe des Mousquetaires: "Vous m'avez supporté pendant une décennie. Brandir le trophée devant vous est ma façon de vous remercier". En conférence de presse il ajoutera : "Je peux aller me coucher ce soir et me dire que jamais je n'échangerai mon palmarès contre celui d'un autre" ; "Aujourd'hui, si je servais d'exemple ne serait-ce qu'à une seule personne, je serais heureux" ; "This is the greatest feeling that I've ever had on the tennis court" en anglais dans le texte.
Cette victoire a pourtant été longue à se dessiner. Crispé par l'enjeu et repensant certainement à ses deux finales perdues en 1990 et 1991, il se retrouve mené deux sets à zéro au bout d'une heure par Andreï Medvedev, autre revenant classé centième à l'ATP. Et puis d'un seul coup, la machine se met en route et plus personne ne l'empêchera de réaliser son rêve.

Voici quelques réactions de ses proches : "J'ai rencontré pas mal de gens dans ma vie, Andre est celui qui a reçu de Dieu le plus grand talent que j'aie jamais vu. Parfois, on attend le meilleur de lui et il vous donne le pire. Parfois, quand vous croyez qu'il n'a aucune chance, il retrouve sa magie" dixit Brad Gilbert l'entraîneur ; "Andre est quelqu'un de très sensible, émotif et souvent à fleur de peau" avoue Gil Reyes l'ami et préparateur physique. Le directeur du tournoi de Roland Garros, Patrice Clerc, a son explication sur la carrière d'Andre : "Agassi est un de ces joueurs, comme McEnroe ou Connors, qui a un énorme égo, un énorme charisme, et qui, au début de sa carrière, a été en rupture avec le monde qui l'entourait. En l'occurrence le tennis et ses règles. Peu à peu, avec l'âge, il s'est aperçu que cet univers qu'il refusait lui avait beaucoup donné et rapporté. A partir de là, il est rentré dans le rang tout en gardant une énorme part d'attraction sur le public. Et aujourd'hui, Agassi est devenu un serviteur du jeu".
La presse américaine qui pourtant ne laisse pas beaucoup de place au tennis fait sa une sur la victoire d'Andre Agassi à Paris : "Un héros improbable goûte à nouveau à la gloire"  pour le " Herald Tribune" ;  "Agassi fait surface au French Open"  déclare "USA Today Sports" ; "Andre en compagnie des géants" selon le "Los Angeles Times" ; "La vie en grand pour Agassi" Boston Globe ; "La résurrection d'Agassi atteint des sommets au French" s'exclame le "New York Times" ; "Agassi gagne avec la manière" selon Washington Post ; pour "The Sun" "Agassi s'offre une tranche d'histoire".
"Tennis Magazine" s'exprime sur le changement d'Andre : "Flamboyance et esbroufe ont été laissés au placard. Attitude et frappes tendent vers un seul et même objectif : la sobriété".
En effet, depuis son retour au premier plan, Andre s'est mué en "maître du zen". Il arrive sur le court crâne rasé tel un Bouddha, ses tenues sont maintenant blanches, noires ou à peine teintées de gris.

A Roland Garros, Andre s'est imposé après le triomphe d'une championne qui semble lui porter bonheur, celle-là même qui s'était imposé comme lui à Wimbledon en 1992.
Celui-ci déclara à propos de Steffi Graf : "Je suis fière de Steffi. Elle a eu des difficultés pendant très longtemps. Je suis sûr que ça n'a pas été facile pour elle ; il y avait tant de choses qu'elle devait combattre. C'était le destin, ce tournoi pour elle, d'une certaine manière pour moi aussi. Quand j'ai gagné mon premier Grand Chelem, elle était aussi le vainqueur. Quand elle a gagné samedi, je pense que cela a été une source d'inspiration pour moi ".Patrice Clerc : "Comme Graf, les deux reviennent après des moments de doute et l'on a envie de s'incliner devant leur performance".
Après cette victoire, beaucoup s'interroge sur la motivation d'Andre maintenant qu'il est entré dans l'histoire. Mais maintenant qu'il est revenu à ce niveau il déclare qu'il veut continuer et remporter d'autres titres.

 

Sur sa lancée, un mois après son triomphe parisien, Andre parvient en finale du tournoi de Wimbledon. Là, il retrouve sur son chemin son éternel rival, Pete Sampras. Comme à New York, quatre ans auparavant, Andre est largement dominé mais cette défaite est heureusement moins marquante pour le joueur de Las Vegas. La veille de la finale homme s'est disputée celle des dames, et étrange coïncidence, Steffi Graf s'était incliné elle aussi.

Après un bon été américain, Andre arrive en favori à l'US Open. Puis il en devient l'immense favori après le forfait de Sampras la veille du tournoi et l'abandon sur blessure dès le premier tour du double tenant du titre Patrick Rafter. Il arrive en finale comme en 1994 et 1995. Il y affronte son compatriote Todd Martin. Cette fois Andre ne tremble pas et remporte en cinq sets son deuxième tournoi du Grand Chelem de l'année. De plus, dès sa victoire en demi-finale il était assuré de redevenir numéro un mondial.
Les réactions ne se font pas attendre. Pour "Tennis Magazine" : "Le tennis a tout donné à Andre Agassi. En 1999, Andre Agassi a tout donné au tennis. Ce n'était pas l'US Open, c'était l'Agassi Open". Brad Gilbert, lui, revient sur la dégringolade de son poulain deux ans auparavant : "Si Andre était tombé si bas, c'était à cause de maux qu'il s'était lui-même infligés".
Cette victoire sur son sol américain vaut à Andre une réception à la Maison Blanche organisée par le Président Bill Clinton. Les deux hommes sont accompagnés de l'Américaine Serena Williams vainqueur chez les dames.

 

La vie privée d'Andre revient au cœur de l'actualité dès la fin de cet US Open.
En effet, Steffi Graf a assisté à la finale et elle a été aperçue dans le restaurant new-yorkais où Andre fêtait sa victoire en compagnie de ses amis. Cependant personne n'ose imaginer une relation amoureuse entre ses deux champions aux caractères si différents. Lui, la star de Las Vegas qui depuis plus de dix ans déchaîne les foules partout dans le monde, roi du show-biz avec ses relations avec Streisand ou Madonna, son mariage avec Brooke Shields. Elle, introvertie et timide à souhait, aux jambes sans fin et au palmarès impressionnant (vingt-deux titres du Grand Chelem).
Mais la rumeur n'en est bientôt plus une. Steffi Graf apparaît aux bras d'Andre Agassi en septembre pour assister à un championnat du monde de boxe. Où a lieu ce match ? Sur la terre même du numéro un mondial, à Las Vegas.
Depuis quelques jours, la championne allemande avait annoncé sa retraite sportive et semble donc se consacrer uniquement à son compagnon.

En Allemagne, quelques jours plus tard, sur les terres cette fois de Steffi, Andre participe au tournoi de Stuttgart. Il devient la coqueluche du public allemand et s'offre un joli succès lorsqu'il échange des balles sur le court, pendant une coupure entre deux matchs, avec la star locale en l'occurrence sa compagne.

 

Au mois de novembre, Andre et Steffi reviennent dans la ville de leurs exploits. Il doit participer à l'Open de Paris-Bercy, cinq mois après sa victoire à Roland Garros. Steffi est dans les gradins toute la semaine aux côtés de Brad Gilbert.
Andre devient le premier joueur à réussir le doublé Roland Garros/Bercy la même année, un record de plus. Il prend le micro après la remise des prix et déclare : "Paris a changé ma vie en 1999, je ne l'oublierai jamais".

Le dernier rendez-vous tennistique de l'année est le Masters. Andre retrouve Pete Sampras en match de poule pour un énième duel. Il le bat alors très facilement et ironise sur une de ces défaites précédentes : "J'aimerais bien donner le bénéfice de la victoire à Pete sur ce match s'il me donnait en échange celui de la finale de Wimbledon !". Les deux champions se retrouvent en finale du Masters et c'est Sampras qui s'impose.

Cette défaite n'empêche pas Andre de terminer l'année 1999 à la première place mondiale, une première pour lui. "Tennis Magazine" déclare alors : "Pour la première fois depuis 1992, Sampras ne finit pas premier, il a abandonné la baguette à un autre artiste : Andre Agassi".

Le quotidien L'Equipe fait d'Andre son champion sportif de l'année. C'est la première fois qu'un joueur de tennis obtient ce trophée : "Une place de numéro un mondial, deux victoires en Grand Chelem, une finale à Wimbledon et une autre au Masters, et une idylle naissante avec Steffi Graf ont achevé de faire du kid de Las Vegas l'incontestable star sportive de 1999".

 

Il profite de la coupure de fin d'année pour partir en vacances à Hawaï avec Steffi.

On retrouve Andre sur les courts dès le mois de janvier 2000 pour l'Open d'Australie. Il arrive à Melbourne avec sa compagne et ils sont les deux premières personnes à tester la nouvelle surface du court central Rod Laver.
Il atteint sa quatrième finale de Grand Chelem consécutive. Aucun joueur ne l'avait fait depuis Rod Laver en 1969. Il remporte son deuxième Open d'Australie, cinq ans après le premier. C'est son troisième titre du Grand Chelem en huit mois seulement, il avait mis neuf ans pour remporter les trois premiers. Il bat en finale le tenant du titre, le Russe Evgueni Kafelnikov assez facilement. Mais la véritable finale s'était déroulée trois jours auparavant.

En demi-finale, Andre Agassi est opposé une nouvelle fois à un certain Pete Sampras. Ce fut un match extraordinaire de plus de trois heures. Les deux premiers sets sont remportés respectivement par Agassi et Sampras grâce à un seul break pour chacun. Le match devient légendaire dans les deux sets suivants qui se joueront au tie-break. Sampras remporte le troisième set sept points à zéro. On s'imagine alors qu'Andre a pris un gros coup sur la tête. C'est sans compter sur le mental du champion qui remporte donc la quatrième manche en ne réalisant pratiquement que des points gagnants dans le tie-break. C'est alors Sampras qui prend un coup au moral et qui physiquement ne tient pas le choc dans le cinquième set, il s'effondre totalement et laisse filer le "Kid de Las Vegas" vers la finale.
Andre déclarera à la fin du match : "J'ai puisé au plus profond de moi-même, comme il faut toujours le faire contre Pete". Les statistiques sont impressionnantes, Sampras a réussi 86 coups gagnants dont 37 aces. Dans le même temps, Agassi n'a commis que 19 fautes directes en cinq sets. Il arrive donc en pleine confiance en finale et confirme son rang de numéro un mondial après avoir battu le troisième puis le deuxième du classement.
Avec six titres du Grand Chelem, Andre complète donc son palmarès. "L'Equipe" : "Ne l'appelez plus jamais le kid, le gamin surdoué est bien la terreur du circuit".

Malheureusement, ce titre sera le seul de cette année 2000. Plusieurs facteurs vont expliquer ce ralentissement dans la carrière d'Andre.
Tout d'abord les blessures. Andre se blesse au dos après ses deux victoires en Coupe Davis au Zimbabwe. Ensuite, il se fait une entorse à la cheville pendant le tournoi de Miami au mois de mars. Il perd son titre à Roland Garros dès le deuxième tour à cause d'ampoules aux pieds. Deux semaines avant Wimbledon il se blesse au dos en tombant lors d'un match au tournoi du Queens. Cependant cela ne l'empêche pas d'arriver en demi-finale à Wimbledon où il est éliminé par Patrick Rafter.
A ces blessures, s'ajoutent de gros problèmes familiaux. Quelques jours avant l'US Open, il apprend que sa mère et sa sœur souffrent d'un cancer du sein. Il est éliminé dès le deuxième tour par Arnaud Clément. Il décide alors de faire un break et laisse le tennis de côté afin de passer plus de temps avec sa famille.
Il reprend la compétition à Lyon au mois de novembre mais doit abandonner sur blessure en demi-finale toujours contre Clément. Il fait un nouveau break et ne reprend la compétition qu'au Masters de Lisbonne. Là il retrouve un niveau de jeu élevé et ne s'incline qu'en finale contre Gustavo Kuerten qui succède à Andre à la première place mondiale. Le "Kid" finit quant à lui au sixième rang.

 

Sa confiance et son jeu retrouvé, Andre se présente en Australie pour défendre son titre acquis en l'an 2000.
Il ne connaît aucun souci jusqu'en demi-finale où il retrouve son tombeur de Wimbledon Patrick Rafter, chouchou du public car australien. Andre s'impose en cinq sets et affronte en finale son tombeur à l'US Open et à Lyon le Français Arnaud Clément. Pour sa première finale de Grand Chelem, Clément ne pèse pas lourd face à la détermination d'Agassi.
Septième titre du Grand Chelem pour Andre. C'est mieux que McEnroe, Wilander, Edberg ou Becker, mais évidemment très loin de son rival Sampras, détenteur du record avec treize titres. A ce sujet, Brad Gilbert répète souvent qu' "Andre n'a pas eu la carrière qu'il devait faire mais la carrière qu'il méritait". Allusion à ses trop nombreuses fois où le joueur s'est égaré de sa voie : le tennis.
Après sa victoire, Andre s'est jeté dans la rivière Yarra qui coule devant le stade. Quant à sa place dans l'histoire du jeu ? Il déclare : "Je penserai à ma place dans l'histoire du tennis quand j'aurai arrêté".

Le début de saison d'Andre est tonitruant. En tout juste trois mois, il remporte coup sur coup le premier tournoi majeur puis deux Masters Series aux Etats-Unis, c'est-à-dire les trois tournois les plus importants.
A sa treizième participation il s'offre enfin le tournoi d'Indian Wells en plein désert californien. C'était le seul grand titre qui manquait à son immense palmarès. Et cerise sur le gâteau, il bat en finale Pete Sampras.
Le 1er avril, et ce n'est pas une blague, il remporte le tournoi de Miami face à son jeune compatriote Jan-Michael Gambill. Cette victoire lui permet de prendre le large au classement mais aussi d'établir un nouveau record, un de plus : avec douze Masters Series (ex Super 9) il devient le recordman de victoires dans ces tournois, les plus importants après les Grands Chelems.

Sa saison sur terre battue ne sera pas très brillante. Au mieux une place de quart de finaliste à Roland Garros.
Néanmoins ce match soulève beaucoup d'interrogations. Il est opposé au français Sébastien Grosjean. Il remporte le premier set très facilement et domine largement les débats jusqu'au début du deuxième set, moment où un invité de marque prend place dans la tribune d'honneur du Central. L'ancien Président et ami d'Agassi, Bill Clinton de passage à Paris décide d'assister à la rencontre. Les deux sets suivants seront un cauchemar pour l'Américain, dominé de manière écrasante par un Grosjean euphorique. Au début du quatrième set, Clinton s'éclipse et Andre en profite pour breaker son adversaire. Mais dès le retour de l'ancien chef d'Etat, Andre perd pieds à nouveau et s'incline dès ce quatrième set. Pendant la conférence de presse, il paraît sous le choc après cette défaite incompréhensible. Il déclarera ne pas s'être aperçu de la présence de Clinton dans les tribunes. Cette mauvaise foi évidente montre l'ampleur de sa déception. On s'imagine alors qu'il faudra du temps à Andre pour se remettre de ce match.

Andre décide de faire un break et ne réapparaît qu'au tournoi de Wimbledon. Pour la deuxième année consécutive il doit affronter Patrick Rafter en demi-finale. Il s'incline une nouvelle fois en cinq sets mais semble avoir retrouvé son mental et son jeu.

 

Quelques jours après Wimbledon, sa vie personnelle revient au cœur de l'actualité.

Il annonce par un communiqué de presse de l'ATP que sa compagne Steffi Graf est enceinte d'un petit garçon et devrait accoucher fin novembre. La presse allemande fait alors vent d'un éventuel mariage entre les deux champions. Cependant les intéressés ne confirment pas dans l'immédiat cette information.
Andre qui sera donc papa pour la première fois s'est exprimé quelques jours plus tard sur le sujet : "Je ne sais pas trop comment je vais faire pour concilier cette nouvelle responsabilité avec le tennis. La vie va être différente mais je crois qu'il est possible de mener les deux à bien".
Cependant, quelques semaines plus tard, Andre confirme la nouvelle : Steffi Graf va devenir Madame Andre Agassi. Un journaliste anglais voulut savoir s'il avait demandé à sa compagne de l'épouser, Agassi lui répondra : "Oui. Je lui ai demandé de m'épouser il y a dix ans mais elle a dit non. Non, je plaisante. Nous avons réglé cette question. Je lui ai demandé de m'épouser et nous nous sommes engagés pour l'avenir". Cette réponse est un brin ironique.
En effet, l'histoire raconte qu'Andre avait, depuis quelques années déjà, des vues sur la très sage Steffi. Celle-ci avoua même à un magazine américain qu'une photo de ses interminables jambes ornait la porte du réfrigérateur d'Andre, à Las Vegas, dans la maison qu'il partageait alors avec Brooke Shields.
L'entraîneur d'Andre Agassi, Brad Gilbert s'est toujours refusé à un quelconque commentaire concernant les relations entre les deux champions : "Je ne suis vraiment bon qu'à parler tennis. Ce qu'ils font en dehors du court ne me regarde absolument pas". Cependant, il était surpris qu'au début on puisse s'étonner que la relation entre Steffi et Andre dure. Il leur connaît tant de points communs, des approches si semblables du tennis et de la vie : "Ils parlent le même langage", résume-t-il.

 

Andre Agassi remporte fin juillet le tournoi de Los Angeles contre Pete Sampras. Il s'agissait de la trente et unième confrontation entre les deux Américains depuis leur début professionnel, et pour la première fois Andre a remporté trois victoires consécutives contre son rival.

Mais à cause de défaites prématurées lors des tournois de préparation, il arrive à l'US Open dans la peau d'un outsider et non dans celle d'un favori. Il arrive sans encombre jusqu'en quart de finale où il va trouver sur sa route… Pete Sampras.
On assiste là encore à un match d'anthologie. Cette fois c'est Sampras qui s'impose sur l'homme du Nevada. Les deux joueurs vont disputer quatre tie-breaks en quatre sets. Pas un des Américains ne va perdre son service en trois heures trente de match. La qualité de jeu est exceptionnelle. De son côté, Sampras aligne aces et volées. De l'autre, Agassi aligne retours et passings gagnants.
Les chiffres sont éloquents : 52 jeux, 338 points disputés et seulement 19 fautes d'Andre.

Malgré un très bon match, Andre est sous le choc après cette défaite et déclare : "Par bien des égards, cette défaite est moins lourde à supporter que d'autres. Mais la frustration n'en reste pas moins énorme".

 

Jusqu'à maintenant, l'année d'Andre est très satisfaisante. Il a remporté un titre du Grand Chelem, deux Masters Series et un tournoi ATP. Il est le seul joueur à avoir disputer au minimum un quart de finale dans les quatre tournois majeurs : victorieux à l'Open d'Australie, demi-finaliste à Wimbledon et quart de finaliste à Roland Garros et à l'US Open.

 

On a parlé du joueur Andre Agassi mais on ne doit pas oublier qu'Andre est un homme de cœur.
Au début de sa carrière, il était arrogant, peu enclin à la discussion avec les journalistes ou les autres joueurs. Mais les choses ont changé. Parallèlement à son retour sur les courts en 1998, Andre est devenu beaucoup plus sociable.
Le jeune espoir du tennis américain Andy Roddick, qu'Andre a pris sous son aile, déclara dans un entretien : "Sur le plan humain, Andre est un homme extraordinaire. Les gens se trompent à son sujet. Ils le voient sur le court et trouvent parfois qu'il en fait trop, qu'il est un peu tapageur, mais en réalité, c'est un vrai gentil. Il est sincère dans tout ce qu'il fait. Il est gentil et attentionné, c'est dans sa nature. Sa principale qualité est l'honnêteté. C'est quelqu'un qui dit toujours ce qu'il pense et ce qu'il ressent. Il est vrai et agit toujours selon les valeurs auxquelles il croit. C'est une personne loyale, qui a gardé les mêmes amis depuis dix ans. Andre est un modèle. Si je peux être comme lui plus tard, j'en serais très heureux, c'est sûr…".
Dès qu'il a eu assez d'argent pour se le permettre, Andre Agassi s'est investi dans les actions de charité. "Il est très engagé dans les actions caritatives. Il a un cœur gros comme ça. C'est vraiment quelqu'un de bien !", ajoute Roddick. "Agassi Foundation" regroupe ses fondations pour venir en aide aux enfants défavorisés de Las Vegas. Il finance celles-ci grâce à "Agassi Enterprise" véritable société d'où il gère son propre business. Il organise chaque année au mois de septembre un gala de charité auquel participent les plus grandes stars américaines du cinéma ou de la chanson. Il récolte ainsi des fonds pour sa fondation.
De plus les sponsors du circuit ATP l'aide dans ses actions. Ainsi, en mars 2000, il reçoit du sponsor principal du Master Serie de Key Biscayne un chèque d'une valeur de vingt mille dollars destiné à sa fondation.
A Las Vegas, Andre finance la construction de courts de tennis, d'écoles, de centres d'accueil pour les jeunes en difficultés. Son dernier projet a abouti en janvier 2001 à l'ouverture d'une école pour enfants défavorisés. Doté d'un budget de plus de quatre millions de dollars, la "Andre Agassi College Preparatory Academy", co-financé par la "fondation Andre Agassi", l'Etat du Nevada et le département d'Etat à l'urbanisme américain, dispensera à des jeunes en difficultés des cours de soutien et de rattrapage, en particulier dans le domaine de la technologie, pour les préparer à l'université. Elle prévoit également de les sensibiliser à des activités culturelles et sociales. "C'est un rêve qui couronne tous nos efforts pour faire la différence dans la vie de ces enfants", a expliqué Andre.

 

Après l'US Open, Andre Agassi décide de faire un break, il rentre alors chez lui auprès de Steffi. Il alterne récupération, entraînement et organisation pour l'arrivée du bébé.

Malgré les événements qui viennent de bouleverser le monde et plus encore l'Amérique et contrairement aux autres joueurs américains qui refusent de prendre l'avion, Andre se rend à Shanghai mi-septembre afin de participer au tournoi local. A cette occasion, Andre fait encore jouer ses talents de show man et participe à une journée exhibition avec le plus grand basketteur chinois qui ne mesure pas moins de 2 mètres 28 ! En revanche, sa prestation dans le tournoi n'est pas brillante. Il est éliminé dès le premier tour par un jeune géorgien de 20 ans.

On retrouve Andre en Europe au mois d'octobre au Master Serie de Stuttgart mais les résultats ne s'améliorent pas. Il est éliminé là encore dès le premier tour par le Marocain Hicham Arazi. Après sa défaite il laisse entendre qu'il ne jouera pas le tournoi de Bâle (Suisse) prévu la semaine suivante et qu'il pourrait également renoncer au dernier Master Series de l'année disputé à Paris.

 

Le 22 octobre, alors que s'ouvre le tournoi de Bâle auquel il devait participer, on apprend par l'intermédiaire de l'ATP qu'Andre Agassi a épousé Steffi Graf lors d'une cérémonie très privée qui vient de se tenir à Las Vegas, fief de l'Américain.

Le 26 octobre à 3h30 heure locale, un petit bout de chou de 2,6 kilos pour 50 cm vient au monde en présence de son papa dans une clinique privée de Las Vegas. Prénommé Jaden Gil, ce nouveau-né fait le bonheur de ses parents Andre Agassi et Steffi Graf. Cette dernière a accouché trois semaines avant la date prévue mais elle, comme le petit garçon, se porte bien et ils quittent tous deux la clinique dès le lendemain de l'accouchement. "C'est le plus beau jour de notre vie. Nous sommes pleins de gratitude envers ce magnifique cadeau" déclarent en cœur les parents.

 

Le tournoi de Paris-Bercy se déroule donc sans le joueur américain occupé à pouponner son petit Jaden Gil. Beaucoup d'observateurs s'interrogent alors sur la participation ou non d'Andre à la Masters Cup qui se déroulera à Sydney (Australie) à partir du 12 novembre et où seront réunis les huit meilleurs joueurs de l'année 2001.
Mais les doutes sont levés quand Andre arrive à Sydney trois jours avant le début de la compétition et qu'il s'entraîne dès sa descente d'avion avec Ivanisevic puis Kafelnikov. A en croire les personnes présentes, il n'est pas loin de son meilleur niveau mais son manque de compétition pourrait bien lui jouer des tours.

Il affronte pour son premier match l'une des deux stars locales, l'Australien Patrick Rafter. Les choses ne commencent pas très bien, il perd son service et se retrouve mené deux jeux à zéro. Cependant, Andre se reprend et aligne six jeux consécutifs pour remporter la première manche, jeux pendant lesquels il aligne retours et passings gagnants. Il remporte le match en deux sets secs mais son jeu de fond de court semble souffrir de son manque de compétition. "Je me sentais un peu rouillé au début. Je n'ai pas beaucoup de matchs dans les pattes ces dernières semaines, cela a joué sur la qualité de la rencontre. Mais le point positif c'est la victoire". Il ne put bien sûr pas échapper aux nombreuses questions concernant sa récente paternité : "J'ai vraiment apprécié l'ovation du public, à la fin, concernant mon fils. Pour moi c'est quelque chose de nouveau… Je dois avouer qu'il n'y a rien de plus important qu'un enfant". Et concernant la suite éventuelle de sa carrière Andre déclara avec son éternel sourire : "Je doute de jouer assez longtemps pour que mon fils me voie sur un court, mais c'est agréable d'en rêver un peu".
Son prochain match est un véritable test, il est opposé au deuxième joueur australien de ce "tournoi des maîtres", le jeune Lleyton Hewitt, 20 ans, qui lorgne sur la première place mondiale occupée pour l'instant par Gustavo Kuerten. Il est dominé par le petit prodige en deux sets. Après sa défaite il a exprimé sa grande déception : "Lleyton a réalisé une grande performance, mais j'ai aussi laissé passer ma chance. J'ai commis beaucoup trop d'erreurs...".
Son dernier adversaire dans les matchs de poule est le Français Sébastien Grosjean qui ne rappelle pas de bons souvenirs à Andre. On se rappelle que le récent vainqueur du tournoi de Paris-Bercy avait battu Andre en quart de finale à Roland-Garros et que l'Américain avait eu du mal à se remettre de cette défaite.
Mais une nouvelle fois, il subit la loi du jeune Français et est donc éliminé de cette Masters Cup. "Dans l'ensemble, ç'a été une grande année pour moi, mais il y a plusieurs mois que je ne sens pas mon jeu. Depuis l'US Open, en fait, et ça me soucie. J'ai connu des grands moments, mais récemment ils ont plutôt eu pour cadre mon foyer".

 

Andre Agassi termine l'année 2001 à la troisième place du classement "The Race".

Il va maintenant tenter d'oublier auprès des siens cette nouvelle déception. Il n'a pas de temps à perdre pour tenter de retrouver la forme : dans deux mois il sera de retour en Australie pour défendre le titre du Grand Chelem dont il est le double tenant du titre : l'Open d'Australie.

A suivre...

© Jean-Matthieu Cloître 1999-2007 - [ FAQ ] - [ Livre d'or ] - [ Plan du site ] - [ A propos de toutsuragassi.com ] - [ Votre avis ] - [ Webmaster ]